Citations issues du livre "Il n'y a pas de parents parfaits" d'Isabelle Filliozat

Guérir notre propre histoire nous aide non seulement à aimer nos enfants, mais leur rend la liberté d'être eux-mêmes.


Quand une maman parle à son foetus, le rythme cardiaque de ce dernier est modifié. Il ne l'est pas de la même manière quand elle parle à quelqu'un d'autre. Le foetus perçoit donc que l'on s'adresse à lui. Françoise Dolto, la première, a montré combien il était utile de parler à ce bébé dans son ventre, et pas seulement de bonheur et de petites fleurs, mais aussi de blessures et de douleurs, de deuils et de peurs, de rages et de désespoirs.
Toutes sortes d'évènements peuvent venir perturber la quiétude d'une grossesse ... Pour que le foetus rétablisse un sentiment, en dépit des messages chimiques qu'il reçoit par l'intermédiaire du cordon, il est utile de lui en parler ... Même si le placenta fait filtre, les hormones libérées par vos émotions sont présentes dans le sang que vous lui transmettez, il les ressent !


Les fidélités inconscientes peuvent nous mener à toutes sortes de comportements, hélas souvent destructeurs. Nous sommes en effet plus fidèles aux attitudes qui cachent des blessures. Ce sont ces dernières qui attendent d'être guéries.


Nos réactions violentes envers nos enfants ont une autre dimension : celle de la vengeance de notre propre enfance. Oh, bien sûr, il s'agit encore d'un mécanisme totalement inconscient... Quand nous avons été blessés petits et avons dû refouler nos émotions, non seulement nous avons conservé la trace de ces affects directement liés aux frustrations, humiliations et injustices subies mais nous avons aussi conçu du ressentiment du fait de n'avoir pu rien dire. Cette rancoeur, nourrie jour après jour par l'obligation de la répression, est peu à peu devenue véritable rage. Cette rage, cette haine même parfois envers les parents reste en soi, prête à surgir... Mais malheureusement, quand on n'a pas eu l'occasion de libérer cette haine dans un cadre protecteur (cabinet d'un psychothérapeute par exemple), nous risquons de lui permettre de s'exprimer sur d'autres qui ne nous ont rien fait, trop dépendants pour se défendre et moins impressionnants que nos parents. J'ai nommé ... nos enfants !


L'enfant témoin de violence sur autrui, sur un frère, sur sa mère, peut en souffrir autant que s'il était victime lui-même. Il aura tendance à la répétition de cette violence, en tant qu'acteur ou victime.


Dire ses émotions, même les plus douloureuses, restaure le lien passé. Le silence est plus blessant que la haine. La haine est une accumulation de sentiments mêlés qui se dénouent sitôt qu'elle est parlée parce que les peurs et les douleurs qui la sous-tendent sont reconnues et acceptées.


Les parents d'Emilien ne savaient pas être attentifs. Il n'étaient pas là pour lui.. Le petit Emilien s'était senti bien seul. C'était trop douloureux, il a enfoui sa souffrance dans son inconscient...Tant qu'il était célibataire, il ne pouvait pas s'en rendre compte. Mais une fois devenu père, il lui était trop douloureux de voir ses enfants recevoir ce qu'il n'avait jamais reçu. Surtout quand son petit garçon est né. Ce petit garçon, c'était lui petit. Il ne voulait pas rencontrer ce petit garçon en lui, il ne voulait pas revivre la détresse de la solitude. Il évitait le contact de ses enfants, pour ne pas risquer de réveiller ses sentiments archaïques d'abandon. Fuir l'intimité pour ne pas revivre le manque. Ce n'est pas son petit garçon qu'il fuyait mais la douleur du petit garçon qu'il avait été.


Dans chaque situation, nous avons le choix : nous identifier à l'enfant que nous étions, oser nous souvenir de notre vécu, de nos émotions, parfois intenses ou le refuser en nous identifiant à nos parents, modélisant leur comportement ou prenant l'exact contre-pied. Si nous refusons la conscience, l'automatisme jouera le plus souvent contre l'enfant, car qui voudrait déterrer des souvenirs dont personne ne désire se préoccuper ?


Etre conscient d'avoir été blessé est insuffisant. Tant que les émotions refoulées n'ont pas pu être exprimées et entendues, elles seront actives.


Nos blessures guident inconsciemment nos attitudes. Elles nous mènent à adresser des messages non verbaux qui peuvent contredire nos injonctions verbales. Parce qu'ils ne sont pas explicites, les messages non verbaux sont toujours plus forts que nos paroles.


Les enfants à tout âge réagissent à ce que les adultes tentent de taire.


L'enfant cherche toujours à se conformer à ce que ses parents lui demandent. Si cela ne nous apparait pas évident, c'est d'une part qu'il a tendance à interpréter nos définitions de lui comme des commandes. "Tu es peureux" résonne rapidement en "sois peureux". Puisque c'est le parent qui le dit, ce doit être vrai, donc il se conforme. Et surtout parce qu'il entend parfois plus fort les attentes inconscientes que les demandes conscientes.


 

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